Ayssènes : un point de rendez-vous, une base arrière embusquée à flanc de collines. La nuit, quand les grillons chantent autour de la maison aux volets bleus, les artistes qui s’y sont rejoint trempent des fleurs, des brins d’herbes et des feuilles dans leurs pots de peinture. Ils convoquent des escargots à leurs expérimentations picturales ou gastronomiques et leur présentent les poils de leurs brosses. Profitant des ondes capricieuses d’un wifi qu’il faut parfois chercher avec une baguette de sourcier 4G, ils envoient des signaux de fumée aux monde urbain qu’ils ont choisi de quitter pour un temps. Dire en images ce qu’ils inventent sous les étoiles. Partager cet empirisme insulaire et paysan venu d’un arrière pays lointain et oublié. Chasseurs-cueilleurs, amateurs de mûres et découvreurs de pommes de terre, ils hybrident leurs sensibilités et leurs pratiques pour faire jaillir sur les fenêtres une peinture néo-rupestre, délestée de tout désir d’appartenance. Armés de quelques litres de gouaches et d’un photocopieur fatigué, ils ont jeté les concepts par les fenêtres des voitures, quelque part entre la-bas et ici. Ayssènes : un point de rendez-vous, une grotte ornée à ciel ouvert.

Charlie Devier

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Le courant Ayssenois, un projet de : Johann Bernard, Claire & Marie Bouthier, Anouck Lemarquis, Charlie Devier et Simon Rayssac